Au revoir 2020 ! L'année qu'on ne regrettera pas, même si on risque de s'en souvenir longtemps. Au départ c'est une grippette apparue en Chine. Ce n'était pas la première fois qu'on parlait de virus exotiques, mais en général, ça ne concernait pas vraiment l'Occident. Il faut dire qu'on a les spécialistes qu'il faut, des labos pharmaceutiques performants, un système de santé compétitif, une économie solide.

Le bilan au bout d'un an fait frémir. Il y a les disparus célèbres, des saltimbanques, Manu Dibango, Christophe, Trini Lopez, Valéry Giscard d'Estaing, Donald Trump. Et des millions de morts, célèbres ou non, des guéris qui traînent des séquelles, et beaucoup qui continueront longtemps à souffrir au quotidien de cette crise, l'économie étant à l'arrêt et fortement déstructurée.

Il semblerait que certains signes sont encourageants. Les consommateurs dans les marchés sont de retour, les circuits courts sont à l'honneur, la baisse de l'activité industrielle et routière ont fait baissé la pollution. C'est de l'annonce, la baisse des émissions ne représentent pratiquement rien, les marchandises continuent à circuler librement et de plus en plus vite à travers le monde, le plastique a repris du poil de la bête, les livreurs en camionnette ou à vélo sont de plus en plus nombreux, les centres logistiques continuent de pousser. Et pour les mesures destinées à préserver l'emploi, elles se traduisent surtout par des restructurations du capital. Le COVID a bon dos. À pardon, j'ai oublié. Il faut dire la COVID. C'est au moins une avancée importante depuis un an. L'Académie Française a, semble-t-il, été plus performante que l'Académie de Médecine et les autres sociétés savantes.

Ce qu'on a vu surtout c'est des spécialistes qui finalement ne défendent que leurs prés carrés, des systèmes de santé à l'agonie, des consommateurs qui consomment comme avant, habitués à tout avoir sous la main, des hommes politiques aveugles toujours tournés vers le mythe de la croissance infinie et la prochaine élection, quand ils ne sont pas dans le déni complet face à l'épidémie.

Une différence cependant, les heureux confinés à la maison, sans restaurant d'entreprise, sans cantine scolaire ont été obligés de se remettre aux fourneaux. Ils ont réappris à varier les repas, à cuisiner du frais, à s'approvisionner différemment, à innover. C'est vrai qu'on avait pas mal de temps libre. La cuisine, le jardinage et le bricolage furent les stars du printemps 2020 avec une prolongation exceptionnelle pour les fêtes de fin d'année.

Il reste quelques progrès à faire pour réellement sauver la planète. Surtout que le circuit court et les producteurs ne vont pas tarder à se faire récupérer par la grande distribution, comme l'a été le bio. Là où il y a un marché, c'est toujours les mêmes qui gagnent.


Bonne année 2021 !